Bio

Femme de lettres, artiste visuelle et conceptrice, chroniqueuse culturelle passionnée de la vie/du vivant, promotrice d'événements, de moments mémorables ou anecdotiques, émerveillée par les richesses artistiques de son Québec natal.




« Tout le monde peut trébucher, se fourvoyer, sans être perdu pour autant » - Professeur Charles Xavier

« Les êtres d'exception ne respectent pas les règles. Ce sont eux qui les réécrivent » - Katniss Everdeen

« Qui ne dit mot, consent » - Proverbe

« La vie d'un individu a un sens seulement si elle contribue à rendre la vie de tous les êtres vivants plus noble et plus belle » - Albert Einstein

« Le temps est sans importance. Seule la vie est importante » - Le 5e Élément

« La victoire à plusieurs pères, mais la défaite est orpheline » - Anonyme

« En garde, si tu ne te rends pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !» - Le Bossu

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¤ Horaire des parutions ¤

Pour un temps indéterminer, cette formule :

« Deux billets par semaine. Pêle-mêle.
Généralement le jeudi et le dimanche, à midi. » sera suspendu jusqu'à ce que je retrouve mes aises dans mon nouveau chez.

Merci de votre attention.


Crédits

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jeudi 23 février 2017

Rafales #1 : Recueil Les nouvelles du père (Bellavance, Simard, Lévesque... à suivre)


Recueil Les nouvelles du père
Éditions Québec Amérique, 2015

Petit recueil de onze nouvelles orchestré par l'auteur québécois de séries jeunesses telles Arielle Queen et Soixante-Six, Michel J. Lévesque. Dès le départ, la parole est donnée aux pères, par l'entremise de l'écriture de fiction se rapportant à la relation père-enfant, à l'enfance ou au passé, sans être de l'autofiction ou du fantaisiste glissant hors de la réalité ou du réalisme. 

Pourtant, dès le premier texte en scène (What child is this ? de Matthieu Simard), l'autobiographie respire à plein poumon. Son texte semble être un hommage à la naissance d'un enfant de l'auteur-protagoniste. D'une narration « Je » à un destinataire « Tu » qui n'est pas, à première vue, le lecteur, mais bien l'enfant à naître ou déjà née. Pour cette raison, ce n'est pas une « histoire », mais bien un moment authentique, précieux et unique dans une vie. Nous observons en périphérie ce qui arrive au père-protagoniste survivant à l'accouchement en plein air de sa compagne, en plein coeur du Plateau Mont-Royal. Le tout, étape par étape, explore comment l'auteur-protagoniste parvient à intégrer ses nouvelles responsabilités de père. Un texte convenu qui attirera l'intérêt par curiosité. Pour ceux qui aiment les récits concrets, directs, avec un peu d'incertitudes dans la voix. 


Le texte suivant (Coincée dans la gorge de Dominic Bellavance) appartient à l'auteur de la série jeunesse Alegracia éditée chez Les Six Brumes, et de quelques autres romans coup-de-poing parus ici et là au Québec. Ce fut la première fois que je lisais un texte complet de cet auteur. Ma première rencontre – je ne sais plus où - avec son style d'écriture (hors blogue) m'avait laissée entendre qu'il avait le don de la mise en scène et c'est effectivement le cas avec cette nouvelle. Dominic Bellavance est un auteur de la relève à suivre autant pour ce don qui lui sied fort bien que pour son style simple, avec mots justes, plein d'images et de sensibilité. Le récit de cette nouvelle explose tantôt une partie de sa propre vie à travers la création publicitaire (liée ici à un sirop pour la toux et un père de famille en émoi), tantôt en divulguant petit à petit des anecdotes savoureuses, réalistes et directes. Sa plume n'y va pas par quatre chemins.


La nouvelle Le grain de riz de Michel J. Lévesque est énigmatique. C'est l'histoire de Michel, 34 ans, en 2005, qui n'arrête pas de boire de la bière pour une raison pas claire et essai le mieux du monde, entre deux lampés, de poursuivre LE roman de sa vie. Dès le départ, je me questionne. Est-ce l'auteur qui se mets en scène? (En sachant que c'est plus ou moins ce qui est arrivé dans les deux nouvelles précédentes) Le narrateur se décrie comme un ivrogne* dans une narration au « Je », puis dans un temps futur, ce même protagoniste mute sous une narration au « tu » où il a eu un enfant, Simone (or, Michel J. Lévesque a vraiment une enfant qui porte ce prénom) et voit l'univers complètement autrement depuis son arrivée dans sa vie? 

Or, je n'adhère pas, en tant que lectrice, au personnage de l'ivrogne. Les raisons qui le plonge dans cette drogue sont nébuleuses. D'accord pour l'idée que c'est parce que sa compagne est partie... mais... le travers, l'impression de révolte ou de mal être semble inexistant. Presque comme s'il buvait pour meubler le temps et l'espace ou comme pseudo-raison de sa déchéance ou sa difficulté à compléter son roman. Disons que dans le roman The Shining de Stephen King, le personnage ivrogne de Jack Torrence était plus convainquant. Celui de J. Lévesque opte pour un discours assez propret... même si ce pourrait être un cliché de le voir nécessairement grossier...

Néanmoins, la nouvelle étant divisée en deux narrations, c'est dans la deuxième que j'ai perçois réellement l'émotion, le désir de vivre, de se battre, que je peine à saisir dans la première.


Outre cet inconfort, j'ai fini par plonger dans cette histoire une fois passée dans une narration au « tu » qui ne désigne pas le narrataire (lecteur), mais le protagoniste; une narration qui le ramène constamment à la réalité, à chacune de ses actions entreprises ou à entreprendre, de cet homme devenu adulte et responsable. Bien loin de ce qu'il avait affirmé jadis à la future mère de Simone : « Marie... je suis un enfant. Et ce roman-là, c'est mon seul univers ».


En somme, cette nouvelle est de loin la plus peaufinée des textes que contient ce recueil, par ses narrations dédoublées, par sa projection dans le passé et le futur, par ses oppositions identitaires du côté du protagoniste (aimant/détestable, enfant/adulte, mauvaise estime de soi/en pleine possession de ses moyens, etc.) et de ses mises en abîme déroutantes. D'une part, parle-t-on réellement ou pas de l'auteur lui-même? D'une deuxième part, à quelques occasions, la première narration mentionne l'arrivée, anticipée, de la petite Simone, alors que le protagoniste n'est centré que sur lui-même et son présent, et ne nous laissent que peu présager de son devenir. Tandis que son devenir « adulte » survient et s'entremêle avec ces séquences du passé, à la manière d'une danse ou union symbolique (comme le ballet qui est mentionné à même le texte), malgré les désaccords que ses deux aspects de sa vie entretiennent.

* * * * *

Comme j'ai effectué une sorte d'analyse de texte de la nouvelle de Monsieur J. Lévesque - qui m'a impressionnée par sa qualité d'écriture, je sépare en deux ce billet, qui autrement serait trop long. La deuxième et dernière partie de ce compte-rendu de lecture vous sera disponible à partir de dimanche, 26 février 2017.

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