Bio

Femme de lettres, artiste visuelle et conceptrice, chroniqueuse culturelle passionnée de la vie/du vivant, promotrice d'événements, de moments mémorables ou anecdotiques, émerveillée par les richesses artistiques de son Québec natal.




« Tout le monde peut trébucher, se fourvoyer, sans être perdu pour autant » - Professeur Charles Xavier

« Les êtres d'exception ne respectent pas les règles. Ce sont eux qui les réécrivent » - Katniss Everdeen

« Qui ne dit mot, consent » - Proverbe

« La vie d'un individu a un sens seulement si elle contribue à rendre la vie de tous les êtres vivants plus noble et plus belle » - Albert Einstein

« Le temps est sans importance. Seule la vie est importante » - Le 5e Élément

« La victoire à plusieurs pères, mais la défaite est orpheline » - Anonyme

« En garde, si tu ne te rends pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !» - Le Bossu

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« Deux billets par semaine. Généralement le mardi, vers midi et le vendredi, en soirée. »

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Crédits

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samedi 30 janvier 2016

Il ne faut pas toujours se fier aux beaux emballages - Partie II



     J'ai décidé de rédiger un commentaire critique sur ce fanzine pour montrer un échantillon des propositions que nous retrouvons dans une foire, telle qu'Expozine, et combien les idées peuvent parfois être tellement grandes qu'elles finissent par ne plus s'ancrer dans la réalité. Sûrement fautes d'expériences ou de contacts adéquats avec le milieu de l'édition. Il n'est pas facile de se lancer dans l'univers de l'édition. La tâche est colossale, surtout si nous désirons réaliser des projets d'édition de qualité.

     Dès le début, j'apprends que les créateurs de La Tramice le voient déjà comme une revue, voire une publication à part entière, prêt pour les Salons du livre de tout acabit. 

Exemples de leur espérance :
  1. Voici la version en français de notre projet;
  2. Nous aurons également une version webzine du projet;
  3. Nous aurons en plus de cela une version webzine/papier en anglais;
  4. Quand nous trouverons des bénévoles parlant d'autres langues, nous traduirons nos textes en conséquence;
  5. Un recueil annuel imprimé en couleur qui regroupera chacun des magazines (5 parutions/an) parues dans l'année en cours;
  6. Nous enregistrerons un nom de compagnie sous La Tramice...

Énoncés inintelligibles

     Si je fais abstraction de toutes les erreurs d'écriture que comporte l'éditorial vertigineux (expressions redondantes, erreurs de ponctuations, de syntaxes, de grammaire, la présence d'un « je » dont nous n'apprenons ni la raison de sa présence, ni à qui il réfère, ni du « nous » arrivant un peu plus tard (le « nous » de la société en général ou le « nous » de l'équipe de rédaction?), la teneur de La Tramice est intéressante, et pourrait s'aligner pour un périodique portant sur les dernières technologies scientifiques ou concepts de science-fiction apportés par tel ou tel professionnel. Or, ses propos finissent par égarer, faute d'explications et de vulgarisation de ses contenus, comme si le lecteur ciblé se devait déjà de tout savoir ce dont il est question, avant même d'y poser les yeux.

    Ah! Les idées de grandeur!

    Si je compare le premier numéro de La Tramice avec le premier numéro du fanzine Asile (format 5 x 8), ce dernier contenait également un éditorial assez long, mais n'envisageait pas de perdre son lecteur en cours de route. Les propos y étaient clairs, simples, accessibles. Et, au moins, Asile expliquait le choix du mot « Asile » dans son titre. Dans La Tramice à nul moment l'explication n’est envisagée, sauf lorsqu'une vague allusion au film de science-fiction La Matrice est fournie.


Des perles? Si! Si! 


     Je n'en suis pas arrivée à détester complètement l'ouvrage y trouvant mon compte. Dans son coeur, toujours sans présentation, je découvre une section qui semble être dédiée à la création littéraire. J'y lis des poèmes très imagés et sympathiques, une page ne contenant que des citations – dont je ne reconnais qu'un seul nom, soit celui de Diderot. J'examine de jolis dessins liés ou pas à ces poèmes, puis abouti sur un texte d'une page, encadré d'un dessin magnifique: une pieuvre fabuleuse avec trop d’yeux, ses mandibules entremêlées et sa séduisante chevelure ondulées. Wow! Quelle merveille! Même si l'illustration est petite, elle vaut le détour! Et le texte? Une fiction surréaliste et comique, pas mal en soi, inspirée de l'illustration. Ou vice-versa. La seule lecture qui me divertit vraiment. Je vous la résume :

Cette créature d'un autre monde apparaît tout d'un coup à Julian qui tente aussitôt de communiquer avec lui. Or, cette communication ne se fait pas sans heurtes aucun des personnages n'arrivant à comprendre la langue de l'autre. Or, avec force exercice et répétition, chacun arrive à ses fins, et la créature repart dans son monde, avec le sentiment du devoir accompli (Il faut lire le texte pour découvrir de quel devoir il s'agit ;) ).



Et les autres textes?


     Les autres textes, toujours sans préambule, sont longs, lourds, trop spécialisé ou dévient vers des discours politiques, spirituels ou philosophiques. Certains se qualifient de « chroniques », alors qu'il s'agit d'articles approfondissant le thème de la communication. 

     Voici une définition très correcte de ce qu'est une chronique : 
« C'est un texte-amalgame où peuvent se retrouver de la nouvelle [journalistique], de l'analyse, du commentaire ou même du reportage, au fil d'une lecture personne qu'en fait le ou la journaliste. [...] La chronique repose non pas sur la transmission de l'essentiel (la nouvelle) ni sa mise en contexte (l'analyse), mais sur la personnalité de celui à qui on la confie. C'est sa lecture de l'actualité, et sa façon de la raconter. » (Pierre Sormany, Le métier de journaliste, p. 140) 


     Une deuxième fiction rempli ses pages : un récit ne semblant avoir reçu aucune direction littéraire, voire aucune réécriture tant il comporte d'erreurs d'écriture d'auteur débutant. (ex. prises en charge, verbes imprécis, sons lourds  avec des « que », des passages où il est on dit ce qu'il s'est passé au lieu de le montrer, etc.) En fait, j'ai eu l'impression de lire un texte écrit que d'un seul trait, de manière automatique. Une brève description : La rencontre d'un citoyen et d'un clochard qui dit ne pas en être un.
     À la fin, j'aperçois une note me révélant que cette fiction est une traduction. Voilà ce qui explique le manque de travail de la langue.


Conclusions


     Le projet est plein de belles intentions et d'idées grouillantes qui gagneraient à être limité ou peaufiné en une seule ligne directrice, au lieu de s'éparpiller partout. Certes, La Tramice porte sur la communication, mais si, dès le départ, cette communication n'est pas bien établie avec son locuteur/receveur, comment pourrait-il y voir des avancements?
     Remarquez que s'il s'agit peut-être d'une jeune équipe qui commence dans le monde de l'édition. Les grandes idées ont le droit d'avoir leur place... Mais est-il nécessaire de toutes les présenter dès le départ, au risque de faire peur, voire de perdre toute crédibilité?

     Je souhaite tout de même bonne chance aux concepteurs de ce fanzine. Leur premier numéro égare, certes, mais contient aussi de bons points à ne pas dénier et à réutiliser abondamment à l'avenir. Enfin, avouons que ce n'est pas aisé de trouver son chemin quand nous avons envie de toucher à tout en même temps?



Références

Pierre Sormany, Le métier de journaliste, Éditions Boréal, Québec, 2011. 

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