dimanche 26 juillet 2015

Copie Conforme : La quête de soi à travers un monde articificle

(Cette critique avait été publié originellement sur le site CôtéBlogue.ca à l'hiver 2011)


Claire Dubé est sur le point de quitter la ville de San Francisco, aux États-Unis, avec son jeune fils, pour retourner vivre à Montréal. Six mois d'immersion dans cette contrée étrangère. Pour le travail de son mari, pour voir du nouveau paysage, pour connaître une culture si différente de la sienne, et peut-être enfin trouver réponse à une question qui la préoccupe : mais qu'est-ce que vraiment l'amour?

Plus qu'une semaine à attendre avant que Claire regagne son chez-soi. Mais auparavant, elle doit récupérer au bureau de son mari une plaquette de disquettes. Celui-ci l'y a laissé, avant de s'envoler pour Montréal rejoindre sa mère souffrante. En même temps, la protagoniste demande à ses propriétaires, Ron et Brigid O'Doorsey (qui sont frère et soeur), de lui restituer de l'argent. Les O'Doorsey entretiennent avec elle une relation bien distante qui la rend mal à l'aise, mais la femme insiste à ravoir ses sous. 

Ron et Brigid O'Doorsey ne sont pas que des propriétaires, ils ont également une petite compagnie qui vend des jeux d'ordinateur par correspondance. Leur entreprise s'appelle The Malteste Falcon en hommage au roman Le Faucon Maltais de Dashiell Hammett. Or, l'intrigue de roman Copie Conforme roman ne fait pas que citer cette oeuvre, il la fait revivre en quelques traits. Et d'une façon assez singulière. À vous de le découvrir. 

Le roman nous plonge dans un univers où toute sphère de la vie semble gouvernée par des constructions mécaniques. Que ce soit du simple téléphone au guichet automatique, en passant par une voix métallique qui parle en boucle à Claire lorsque celle-ci souhaite connaître un état de compte, aux jouets et émissions de télévision de son fils, les Tranformers (robots transformables) !

Diverses langues se mélangent. La technologie et le langage humain. Le français et l'anglais. Les corps et les idéaux. Le sentiment de présence d'autrui, malgré son absence. L'écoute et le non-désir d'entendre. La quête de soi qui finit par se retrouver à travers l'autre. Le mensonge et la vérité. Des thèmes qui se multiplient, se rencontrent, se chevauchent dans une fine subtilité. Une complexité si désarmante que la lecture est simple, rapide, savoureuse. L'écriture, adroite, directe, riche en détails. Chaque instant de la vie quotidienne est révélé, que ce soit le matin, lors du petit déjeuner mère-fils, l'après-midi, à la recherche de la fameuse plaquette, ou le soir, lors d'un tête-à-tête entre amis.

Une lecture que je recommande à ceux qui souhaitent passer du bon temps ou qui s'amuseraient à découvrir une époque où la technologie informatique était à ses premiers balbutiements et considérée comme un bond dans le futur - comparée à la nôtre, cette première semble à un point ancienne.

Une lecture surprenante par une auteure québécoise qui a fait ses preuves. D'ailleurs, le roman Copie Conforme aurait gagné Le Grand Prix du Livre de Montréal en 1990.

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