Bio

Femme de lettres, artiste visuelle et conceptrice, chroniqueuse culturelle passionnée de la vie/du vivant, promotrice d'événements, de moments mémorables ou anecdotiques, émerveillée par les richesses artistiques de son Québec natal.




« Tout le monde peut trébucher, se fourvoyer, sans être perdu pour autant » - Professeur Charles Xavier

« Les êtres d'exception ne respectent pas les règles. Ce sont eux qui les réécrivent » - Katniss Everdeen

« Qui ne dit mot, consent » - Proverbe

« La vie d'un individu a un sens seulement si elle contribue à rendre la vie de tous les êtres vivants plus noble et plus belle » - Albert Einstein

« Le temps est sans importance. Seule la vie est importante » - Le 5e Élément

« La victoire à plusieurs pères, mais la défaite est orpheline » - Anonyme

« En garde, si tu ne te rends pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !» - Le Bossu

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« Deux billets par semaine. Généralement le mardi, vers midi et le vendredi, en soirée. »

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dimanche 10 janvier 2010

Brins d'Éternité No. 26 - Mon compte-rendu

Survol de textes
Voyez le sommaire complet à l'adresse suivante.


Comme il y a plus de textes dans l'ouvrage qu'auparavant, je n'en ai sélectionnée que trois pour exprimer mes commentaires. Mes choix ne seront pas fait par favoritisme - comme je l'avais déjà dit dans un précédent article sur un numéro de Katapulpe, mais par inspiration. Si je me sens inspiré de le lire, j'y vais. Et comme je ne suis pas contrainte par une revue ou d'un magazine de devoir lire l'entièreté d'un si petit ouvrage, je me permets ce petit écart. 8-P 


Du haut des toits immaculés par Carl Rocheleau

       Pour ceux qui ne le savent pas ou ne connaissent pas encore cet auteur, Carl Rocheleau n’est pas nouvellement arrivé dans notre petit monde de littérature de genres. Il a déjà publié deux recueils de nouvelles ainsi d’une bande dessinée dans une maison d’édition qu’il a fondé lui-même : les Éditions Carl Rocheleau. Récemment, il a lancé un roman fantastique intitulé L’Aquilon aux éditions Six brumes.

      Sa nouvelle dans Brins d’Éternité arpente l’univers d’une jeune tueuse à gages. Une histoire originale à l'intrigue imprévisible. Très bon texte. Même si, selon moi, la science-fiction employée par l’auteur n’est qu’un prétexte pour raconter son histoire. La science-fiction n'est pas en première ligne, mais  bien secondaire. Sans elle, le récit pourrait très bien se tenir, car la manière dont il est amené est différente de ce que nous pourrions avoir vu/lu des centaines de fois.

        En soi, Du haut des toits immaculésest un bon texte à lire, avec un choix méticuleux dans ses adjectifs et descriptions du décor, qui, en quelque sorte, répondent au récit. 



Ensuite le silence par David B. Lachance

     David B. Lachance se révèle être l'un des fondateurs du fanzine Asile qui propose des écrits expérimentaux ou avant-gardistes s'arrimant à l'imaginaire. Ensuite le silence est un récit à saveur scientifique qui perd et mêle autant le lecteur que les personnages dans un univers juxtaposant rêve et réel. Il raconte l'expérimentation d'un nouveau sérum sur un patient cible et ses effets. Pour connaître les impressions du patient, ce dernier rédige un rapport jour après jour.  

     L'histoire semble simple à première vue, mais la manière dont elle est articulée cause des flous lors de notre lecture. Un mystère plane du début à la fin. Le narrateur ne dit que le strict minimum. Même lorsqu'il arrive au patient quelque chose d'extraordinaire, le texte reste monotone et désintéressé. Peut-être est-ce à cause de la vision qu'a le scientifique de son patient. Une lecture objective de « spécialiste ». Je note également une volonté de surréalisme quand le patient fait état de sa situation rêve-réalité. Je ne saurais que conseiller à l'auteur, dans la perspective qu'il a possiblement désiré que son texte soit ainsi. En tout cas, il ne m'a pas fasciné – sauf pour son côté surréaliste.


Julien un jour par Martin Lessard  (***coup de coeur***)

   Julien un jour est une nouvelle savoureuse. Drôle, à l'intrigue peaufinée, crédible, amusante, divertissante, avec un vocabulaire riche, de bons mots à mis la bonne place par un narrateur qui n'en fait qu'à sa tête. Et vlan! Il rencontre un être surnaturel qui lui propose un choix ultime, pour sa vie, mais Carl Julien n'y comprend rien, se fâche à tout moment par les interventions railleuses de son interlocuteur.

   Le texte est également un éloge consterné aux divinités terrestres et la facilité pour un individu d'y perdre son intégrité. Bravo, monsieur Lessard! 8-)


        Chaque fois que je lis Brins d'Éternité, il y a toujours un texte dans lequel j'ai de la misère à plonger. Vous savez, plus nous vieillissons, plus il nous est facile de les lire, parce que nous sommes rendus suffisamment aptes à les comprendre. Que ce soit pour les phrases un peu longues ou l'univers complexe que propose Le ver de François-Bernard Tremblay,  je n'y arrive pas. Désolée. ~8-S  Ce n'est pas un mauvais auteur pour autant. J'ai lu quelques-uns de ses haïkus diffusés sur le web et je les avais trouvé magnifiques.





Les critiques

     Dans ce numéro, nous trouvons des critiques pour tous les goûts. Un hic : la grande majorité des commentaires-critiques prennent une tournure négative et au moins cinq d'entre elles proposent des romans de chez les Éditions Michel Quintin, laissant entendre que la direction littéraire de la Maison a de sérieux problèmes avec l'originalité et l'achèvement des romans de ses auteurs. Mais aussi, n'existe-t-il pas d'autres maisons d'édition qui publient des littératures de l'imaginaire? Bien sûr que oui. Peut-être est-ce un hasard que toutes ces critiques se soient retrouvées en même temps, dans le même numéro?  


Voici les critiques de livres offertes :

Titre
Auteur
Titre
Auteur
L'Aquilon



Le Protocole Reston


Luna - Tome I à V

Slow Dance


Le Mauve Empire

Les maîtres du pentacle

Kimo, le dernier Shaman - Tome IV
Carl Rocheleau


Mathieu Fortin


Élodie Tirel


Élizabeth Vornaburg

V. K. Valev


MarioFecteau


Lise Baucher-Morency
 Agrippa - Tome IV


Suprématie



La machine du bonhomme sept heure


Les messagers de Gaïa - Tome I à IV
Mario Rossignol & Jean-Pierre Laigle

Laurent McAllister


Collectif, bande-dessinée d'après l'oeuvre de Claude Bolduc


Fredrick D'Anterny


     Nous avons également l'honneur d'avoir une critique cinéma - ce qui n'arrive pas souvent - et comme à l'habitude, la rubrique Rézine qui nous présente le dernier numéro d'un/e autre fanzine/revue. La critique de film est de Josée Boudreau: L'aube des survivants, réalisé par les frères Spierig. Le fanzine commenté est le numéro 2 d'Asile.



Question de point de vue!

     Pour le commentaire de Guillaume sur la série de romans Luna, je dirais que si un lecteur n'a pas lu les la série romanesque des Royaumes Oubliés, ni n'a tellement considéré l’œuvre de Tolken (bien que ce soit un incontournable dans la littérature de Merveilleux sombre*), il s'émerveillera facilement de ton résumé. Ok, des elfes, c'est du déjà vu. Mais si la manière de les rendre est nouvelle ou différente, la raison d'être de cette série sera justifiée. Quoi qu'apprendre – en poursuivant ton commentaire – qu'il y a des vampires et des elfes dans un même récit, ça fait peur! À moins que les elfes soient une sorte de vampire... Ah tiens, ça donne des idées... ~:-)


Problèmes techniques et esthétiques

     Comme pour toute nouveauté, il y a encore quelques ajustements à faire. Le texte est un peu condensé à certains endroits (la section critique littéraire et cinéma). Beaucoup de mots et peu d’images**. À deux reprises, on parle de couvertures de livre sans pour autant nous les montrer. Et les critiques romanesques se suivent et se ressemblent. Ça étouffe notre lecture. Suggestions : les séparer en au minimum deux sections (ex. section œuvres québécoises, section œuvres étrangères). Toujours qu’une seule critique cinéma. Mais si on lui rejoint l'article sur le no. 2 du fanzine Asile qui le précède, la critique cinéma n’est plus si solitaire. Il y a également une erreur de mise en page (c'est mon impression). Détail technique : un début de compte-rendue errant au bas d'une page et qui errera à nouveau en une seule ligne au haut d'une autre page. Je comprends que vous voulez mettre le plus de compte-rendus possibles, mais pour qu'un ouvrage soit agréable à lire, il lui faut de l'espace pour respirer. Et oui, tout livre est vivant! Une publication qui en fait trop c'est comme une publication qui n'en fait pas assez. Vous allez y arriver!

     Un dernier aspect me trouble (c'est un aspect purement esthétique et logique d'une directrice artistique en devenir). La couverture fait état d’une thématique, soit celui du portrait dans la littérature fantastique. Or, nous devons parcourir tout l’ouvrage avant d’arriver au dit texte et, soit dit en passant, à l’unique texte sur le sujet. Ce me semble qu'il faudrait éviter de proclamer un titre aussi flagrant en avant scène. Et je n’accuse pas que le texte d’Ariane Gélinas. C’est la direction littéraire qui a été limitative à ce sujet. Suggestion : éviter d’inscrire une thématique aussi large, car celle-ci est présente nombre de fois dans la littérature, outre le récit de Gogol. (ex. Le portrait de Dorian Grey d'Oscar Wilde, La Maison du Juge de Bram Stoker, Le portrait ovale d'Edgar Allan Poe) 


*Je l'utilise plus le mot anglophone « fantasy » pour désigner ce genre littéraire. Toutefois, son équivalent francophone ne pourrait se limiter à « fantaisie » ou « fantastique » qui rejoignent d'autres formes d'imaginaire. La meilleure expression pourrait être « merveilleux sombre ». Du « merveilleux », parce que se transposant dans un univers qui ne pourrait être notre réalité dont les phénomènes dits surnaturels sont acceptés comme tels (≠ fantastique) et « sombre », parce que la plupart des textes décrivant cet univers comportent des personnages horrifiants (quoi qu'on pourrait dire aussi du « merveilleux étincelant », quand celui-ci contient des personnages lumineux). [Je base ma pensée à partir des arguments apportés par le théoricien Tzevan Todorov.  

**Ce qui me fait penser au fanzine Clair/Obscur (hormis que pour ce dernier le texte soit microscopique) qui laisse trop souvent les mots faire la part des choses. Le lecteur aime voir ce qu’il est en train de lire. Une image peut lui faciliter sa visualisation de l'histoire. Un fanzine est un objet d’art, comme toute autre publication. Il devrait laisser place au texte, bien sûr, et aux images. Que ce soit des dessins, des gravures, des photos. Un fanzine contenant surtout du texte renvoie à un vrai roman ou à une revue intellectuelle où l’imaginaire (études et fictions) n’est pas accessible à tous... qu’aux érudits quoi!

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